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Hollywood fait son théâtre !

[Rubrique : Culture] | Publié le : 05/02/2014



Vous connaissez certainement ou aurez entendu parler de la folle histoire de Scarlett O’Hara, héroine d‘Autant en emporte le vent, qui traversera des épreuves telles que la guerre, la mort, la souffrance, la pauvreté… Mais saviez-vous que le chaos que notre héroïne a pu vivre n’est rien comparé à celui du tournage de la plus grosse production hollywoodienne de l’époque ? Quatre millions de dollars de budget (un record à l’époque), quatre réalisateurs, de multiples scénarios, des délais outrepassés pour aboutir au plus grand succès de l’histoire du cinéma américain. Mais le film n’aurait jamais pu voir le jour sans la force de conviction d’un seul homme : David O’Selznick. Le producteur a bravé monts et marées pour sauver son film et son studio de la faillite.

Daniel Colas met en scène un épisode absolument représentatif de la folie de ce tournage démesuré. Le studio est en crise alors que le tournage vient d’être stoppé et que Selznick vient de renvoyer son réalisateur, George Cukor. Prêt à tout, il fait appel à Ben Hecht pour remanier entièrement le scénario et confie à Victor Flemming la réalisation. Le problème est que le scénariste n’a jamais lu le livre. Selznick et Flemming ont une semaine pour tout lui jouer en action accélérée afin qu’il ponde enfin ce scénario mythique. Cinq jours enfermés dans un bureau, à manger bananes et cacahuètes pour créer Autant en emporte le vent.

C’est avec l’humour burlesque et une folie démentielle qui monte tout en puissance que Daniel Colas décide de mettre en scène cette histoire abracadabrante. Au fur et à mesure que les esprits s’épuisent, le décor s’effondre petit à petit à l’instar de la raison des trois hommes. Enfermés, ils deviennent de véritables animaux sans aucun contrôle sur eux-même qui réussissent pourtant l’exploit de finir à temps la tâche demandée. Relevant véritablement de la farce, Hollywood se démarque pourtant grâce à son texte bien rodé qui permet à la pièce d’aller au delà d’un simple enchainement de pitreries.

Mais ce sont surtout les trois comédiens (quatre, si l’on compte la secrétaire qui se révèle être la plus allumée de tous) qui portent la pièce avec un talent et une énergie rares. Aussi doués dans le ton que dans le geste, il vocifèrent, moquent et soupirent leur situation désespérée. Leur puissance comique monte sans cesse en puissance au fur et à mesure qu’ils perdent leur humanité dans ce travail de sauvage. Si Pierre Cassignard et Emmanuel Patron excellent tant dans leurs rôles que dans les immitations des plus grandes scènes du film qu’ils doivent jouer au scénariste, Thierry Frémont surprend avec un bagou et une gestuelle imparable, s’imposant comme le véritable caméléon d’un théâtre tonitruant !




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