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Nicole Ferroni : "aujourd'hui, je fais un boulot que j'aime"

[Rubrique : Culture] | Publié le : 28/01/2014



Il y a quelques mois, nous vous parlions de Nicole Ferroni et de son spectacle l'Oeuf, la Poule ou Nicole, un succès critique et public qui se jouait jusqu'à fin 2013 au Point Virgule. Si l'humoriste a quitté la scène parisienne pour partir en tournée dans toute la France, elle n'en reste pas moins omniprésente sur nos écrans, nos ondes et dans nos mémoires. GuideParisMode a rencontré une artiste pleine de talent et d'avenir, l'occasion de retracer son parcours depuis sa démission de l'Education Nationale, sa participation à l'émission On ne demande qu'à en rire, ses chroniques à la radio et ses projets ciné. 

Avant de découvrir Nicole sur scène, certains avaient peut-être eu l'occasion de faire partie d'un public bien différent. C'est en effet sur l'estrade de l'enseignement que Nicole a démarré sa carrière professionnelle, en tant que professeur de Science de la vie et de la terre. Un début surprenant quand on connait l'humoriste qui s'est véritablement épanouie sur scène : "le métier de prof, ça me plaisait aussi. J'aime beaucoup découvrir de nouvelles choses et comprendre les gens. Je pense que le théâtre, ça permet de comprendre les gens dans leur tête et la biologie, ça permet des les comprendre dans leur corps. Après, quand on est enseignant, on est plus éducateur qu'enseignant. Du coup, ce qui s'avérait être à la base une vocation ne l'a pas été." Il faut pourtant attendre un évènement majeur pour décider Nicole à se lancer pleinement dans la comédie : "mon poste a été supprimé donc j'ai pris un mi-temps pour écrire mon spectacle. C'est quelque chose que j'avais envie de faire depuis très longtemps donc c'est pas juste un déclic."

Un premier spectacle que Nicole n'a pas "pondu" d'une seule traite comme on pourrait le croire mais qui a cogité bien longtemps avant de devenir un tout cohérent : "il y a des choses que j'ai écrites avant de me dire que j'allais faire un spectacle. Et puis au final, ça s'est fait comme ça. Ca m'a pris beaucoup de temps (...) Ma première expérience d'écriture, c'était au slam. Avant de faire du slam, je m'étais même pas dit : "ça peut être intéressant, ce que j'écris." Je pense que c'est le slam qui m'a vraiment poussée."

Si elle commence le slam en 2009, ce n'est qu'en 2011 qu'elle quitte l'Education Nationale : "j'ai démissionné après avoir fait mon spectacle. J'ai joué la première fois le 5 novembre 2010 et j'ai vu mes derniers élèves en janvier 2011." Un mois après, Nicole effectuait son premier passage dans le show qui l'a consacrée, On ne demande qu'à en rire...


"Cette émission a changé ma vie"

"Au départ, c'est pas moi qui en ai eu l'idée. J'avais une prof de théâtre qui s'appelle Martine et qui m'a dit : "Nicole, il y a une émission à la télé, elle est faite pour toi. Regarde un jour et inscris toi." Un jour, elle m'envoie un mail alors que j'étais devant mon ordi en me disant de regarder l'émission qui commencait. J'allume la télé et je tombe sur l'émission que je trouve assez rapidement affreuse. J'aimais beaucoup le principe d'avoir un thème, proposer un skech mais la partie notation : horrible ! Du coup, j'ai arrêté de la regarder sinon, je l'aurais pas faite. Je me suis inscrite avant d'avoir joué mon spectacle pour la première fois. J'ai pas eu de réponse pendant 3 mois alors que je les ai harcelés, je leur ai envoyé des poèmes mais ça n'a pas marché." C'est finalement après s'être faite remarquer lors d'un festival d'humour où elle remporte le Prix du public que Nicole est rappelée : "il y a eu un sujet qui m'a plu, c'était Comment les chinois espionnent les français, et c'est comme ça que je me suis lancée."

Une expérience bénéfique pour le début de carrière de Nicole qui est immédiatement remarquée pour son talent, sa verve incomparable et ses textes redoutables. L'humoriste devient très vite un pillier de l'émission. Mais en plus d'être mise sous le feux des projecteurs, Nicole y a beaucoup gagné artistiquement et humainement : "ça oblige à écrire. Cette émission nous prouve à tous que, quand on a une date, on arrive à trouver des choses. Ca apprend aussi à couper parce que quand on fait un spectacle, on a moins la notion du format. En télé, si ça rigole pas les 10 premières secondes, c'est très compliqué de tirer les gens donc ça oblige à beaucoup d'efficacité. A titre humain, cette émission a changé ma vie. Aujourd'hui, je fais un boulot que j'aime."

Découvrez le sketch Mon premier test de grossesse de Nicole Ferroni, à On ne demande qu'à en rire


"Le ONDAR Show a été un traumatisme"

Pourtant, c'est aussi cette participation glorieuse à l'émission qui amène Nicole a devoir essuyer avec ses camarades un échec cuisant : le ONDAR Show. "Le ONDAR Show a été un traumatisme pour moi. On a tous notre interprétation. Certains disent qu'on a baissé les bras, d'autres, que c'était brouillon. Moi ce qui m'a fait souffrir, c'est qu'on nous oblige à faire du collectif. France 2 exigeait que ça ait l'air d'une troupe mais on est pas une troupe. Nos univers n'étaient pas les mêmes donc les sketchs ressemblaient à un mauvais compromis. Ca donnait une soupe artistique qui n'était pas une bonne solution. Personne ne nous a reconnu. Après, on a pas eu la même chance d'écrire. Mon premier sketch, ça a été à la 4e émission mais avant, il fallait quand même qu'on voit ma gueule. Donc tout était un peu compliqué pour moi parce que j'avais l'impression de ne pas faire ce que j'aime. (...) Une chaine ne doit pas intervenir dans les choix artistiques. Qu'elle fasse confiance et si le programme est bon et qu'il fait de l'audience, tant mieux. Si on avait pu faire ce qu'on voulait, ça aurait pu mieux passer." 

Même si l'émission On ne demande qu'à en rire qui l'a lancée est aujourd'hui terminée, Nicole ne voit pas cela comme un mal : "c'est naturel qu'une émission s'essouffle. J'ai pas de regrets. En plus, plus le temps a passé, plus je stressais d'être dans cette émission. Donc heureusement qu'elle n'a pas continué sinon, j'aurais fait un infarctus."

L'occasion pour Nicole de se concentrer sur ses autres projets, à commencer par le spectacle qu'elle joue maintenant depuis 3 ans. Elle y interprète une galerie de personnages hauts en couleurs, tous plus tordus les uns que les autres : "heureusement, ils n'existent pas. Très souvent, je pars d'un détail et je tricote autour." Nicole n'est néanmoins pas encore prête à proposer un 2e spetacle : "ça fait 4 ans que je suis un rythme de vie très chargé. J'avoue que si je prend le temps d'écrire un 2e spectacle, je vais un peu me poser pour travailler, l'écrire dans la tranquillité."

Découvrez la bande-annonce de l'Oeuf, la Poule ou Nicole de Nicole Ferroni


"Je me force pas à rendre le texte plus accessible"

Mais Nicole s'essaye également depuis près de 2 ans à un exercice bien différent, à savoir les chroniques pour la radio sur France Inter. On peut retrouver les chroniques de Nicole dans l'émission On va tous y passer de Frédéric Lopez et le 7-9 de Patrick Cohen. : "la radio, ça oblige à avoir pour seul appui le texte et la voix, alors que sur scène, j'utilise mes mimiques, ma gestuelle. Et ce n'est pas le même public qu'On ne demande qu'à en rire. A France Inter, j'ai peut-être moins d'ados et d'enfants donc j'écris pour un public qui est plus adulte. En tout cas, je me force pas à rendre le texte plus accessible." 

Mais quand Nicole nous parle de son train de vie effréné, on se rend bien vite compte qu'elle ne nous a pas menti quand on constate la multitude projets auxquels elle a participé, y compris plusieurs projets ciné ! On pourra en effet retrouver l'humoriste sur grand écran le 5 mars dans le film de Rémi Gaillard, N'importe Quoi. "C'est rigolo parce qu'au départ, c'était un film que je ne voulais pas faire et lui (Remi Gaillard), ne voulait pas que ce soit moi pour le rôle. C'est bien, parce qu'on a pas pu être déçu mutuellement de faire ce film parce qu'on partait très mal. Je ne voulais pas faire ce film parce que je trouvais qu'il était pas vraiment écrit et finalement, ce qui s'est avéré être un défaut a été une chance parce que j'ai pu faire plein d'impros. Après au cinéma, entre ce qu'on fournit au réalisateur et ce que le réalisateur décide de montrer, il y a un gros décalage."


Si vous tenez absolument à voir Nicole sur scène, il faudra vous rendre en province ou vous armer de patience puisqu'elle sera en tournée jusqu'en novembre 2014. Une absence qui pourra se combler par ses chroniques radio et deux autres apparitions au cinéma :  Coming in où elle interprète la soeur d'un homosexuel qui va se marier et Divorce à la française, où elle campe une guide touristique. Voilà de quoi se fournir en l'humour si atypique de la grande Nicole Ferroni, devenu une véritable drogue pour tous ceux qui oseront se frotter à son débit de haute-voltige et sa personnalité décapante !


L'avenir de la vie, c'est la mort de Nicole Ferroni dans On va tous y passer


Les bonnes résolutions de Nicole Ferroni 

"C'est pas des résolutions, c'est des souhaits parce que je vais pas réussir à les tenir. Le sport, ce serait bien parce que je remarque que dès que j'arrête de faire du sport, je tombe malade. M'occuper de mon corps parce que je l'ai laissé un peu à l'abandon. Après, peut-être m'impliquer dans le milieu associatif. En ce moment, c'est pas que j'ai envie de la faire mais je trouve que ce serait bien d'avoir des élans de solidarité. Je ne sais pas sous quelle forme mais je trouve que ça manque."

Albin Duvert



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